AT Balance, la longue-vue stabilisée de Swarovski

Par Philippe J. Dubois & Marc Duquet

La stabilisation des téléobjectifs photo existe depuis de nombreuses années et a démontré son efficacité. La marque japonaise Canon est la première, dès 1995, à avoir adapté ce système à des jumelles (modèle 12×36 IS), bientôt imitée par d’autres fabricants de matériel optique qui ont alors profité de ce système pour produire des jumelles à plus fort grossissement (de 14x à 18x). On peut citer par exemple les jumelles Kite APC 16×42 et 18×50 ED, Fujinon TS-X 14×40, Sig Sauer Zulu 6 16×42 HDX 16×42, Bresser 16×42 Stabilizer OIS, Opticron Imagic IS 16×42 et Canon 18×50 IS AW et 15×50 IS AW. (Pour plus d’infos sur le fonctionnement du système de stabilisation, consulter l’article d’Ornithomedia.)

L’étape suivante fut l’adaptation de la stabilisation à des longues-vues, tout d’abord par Kite (modèle APC 60 ED mis sur le marché début 2025) et aujourd’hui par Swarovski Optik. La marque autrichienne étant le leader mondial de l’optique d’observation se devait d’incorporer cette technologie de pointe à sa gamme de longues-vues. Comme pour ses longues-vues classiques, elle propose deux versions, l’une à visée coudée (AT Balance), l’autre à visée droite (ST Balance). Nous avons eu la possibilité de tester la première au printemps 2026.

Swarovski AT Balance 18-42×65
Swarovski AT Balance 18-42×65

L’AT Balance est une longue-vue compacte (27 cm de long) et relativement légère (1470 g), facile à prendre en main, dotée d’un zoom de 18-42x et d’un objectif de 65 mm de diamètre. La version droite est équipée d’un zoom moins puissant (14-35x) et d’un objectif de diamètre inférieur (50 mm) ; elle est de même taille mais pèse 170 g de moins.

L’AT Balance est facile à utiliser à main levée, la main gauche fait la mise au point sur la bague centrale et la droite tourne la bague autour de l’oculaire pour zoomer (ou l’inverse si l’on est gaucher…). Après avoir appuyé deux secondes sur le bouton situé à la base de l’oculaire, l’image se stabilise ; comme par magie : le résultat est véritablement bluffant, l’image ne tremble plus du tout et quand on balaie l’horizon avec la longue-vue, elle se déplace par légers à-coups.

Observer un oiseau posé est alors aussi simple qu’avec des jumelles et la précision des détails est incroyable en raison du grossissement supérieur combiné à une image parfaitement stable. Cette longue-vue peut être utilisée à main levée pour observer un rapace se déplaçant lentement près de l’horizon, mais il est beaucoup plus difficile de saisir un oiseau volant en plein ciel qu’avec une longue-vue posée sur un trépied. Quant à suivre la course d’un martinet, cela relève de l’exploit, mais il s’agit là d’un cas extrême. Il est probable que le repérage d’un oiseau en vol est plus facile avec la ST Balance, à visée droite.

Idéalement, il est préférable de positionner le zoom au grossissement minimal (18x) pour faciliter le cadrage d’un oiseau, puis augmenter le grossissement une fois celui-ci dans le champ de vision. Le zoom permet de grossir jusqu’à 42x, cependant une baisse de définition est sensible au-delà de 35x environ, l’image devenant moins précise, moins piquée. C’est avec le zoom entre 18x et 30x que la qualité et le confort d’observation sont optimaux. 

Placer correctement son œil dans l’axe optique de la longue-vue requiert un peu d’habitude, car comme c’était déjà le cas avec la longue-vue (non stabilisée) ATC 17-40 x 56 mm, il manque peut-être un système pour caler son œil contre l’œilleton ou la longue-vue. Car quand on déplace un peu la longue-vue à droite ou à gauche et que l’œil ne suit pas parfaitement, une zone noire apparaît sur les bords du champ de vision. Pour ceux qui sont habitués à la vision binoculaire de la longue-vue BTX, il faudra sans doute un petit temps d’adaptation, comme avec n’importe quelle autre longue-vue monoculaire. En revanche, cela ne pose pas de problème lorsqu’on utilise régulièrement une longue-vue monoculaire (type ATX).

Nous avons eu l’occasion de tester l’AT Balance pour l’observation en mer et sur un bateau. La pratique du seawatching est tout à fait possible sans trépied, d’autant que la prise en main est aisée. On peut aussi caler ses coudes sur ses cuisses et observer ainsi sans peine le passage des oiseaux marins. Sur un bateau, c’est un peu plus compliqué, mais lorsque l’oiseau est dans le rond de la longue-vue, c’est un vrai plaisir pour l’observer.

Avec les coudes bien calés sur les cuisses, on peut observer longuement avec l’AT Balance sans ressentir de fatigue (© Élise Rousseau)

Enfin, nous avons pu comparer l’AT Balance avec sa concurrente immédiate la Kite APC 60 ED qui possède un zoom de 17-35x et un objectif de 60 mm seulement. Cette dernière a une visée droite et non coudée comme l’AT Balance, ce qui facilite le repérage d’un oiseau en mouvement. En revanche, la tenue en main est plus confortable et moins fatigante avec un oculaire à 45°, les coudes pouvant se reposer plus facilement sur le buste. Concernant la stabilité, elle est remarquable et les deux modèles se valent. Le diamètre de la lentille frontale de l’AT Balance est un peu plus grand et une différence sensible s’observe à grossissement minimal, l’AT Balance étant alors plus lumineuse. Comme cela a été évoqué précédemment, dès que l’on augmente le grossissement, la différence est moins marquée car, dans tous les cas on perd quelque peu en luminosité. L’aspect esthétique est lui aussi très nettement en faveur de la longue-vue Swarovski… dont seul le tarif (3590 €) est moins attractif.

Swarovski AT Balance 18-42×65
Kite APC 17-35×60