Synthèse sur la nidification du Busard pâle en France et en Europe
Par Baptiste Boutilleux, Christian Boutrouille, Gaëtan Cavitte & Michel Antoine Réglade

Chaque printemps, le Groupe ornithologique et naturaliste (GON) assure la coordination d’un réseau de prospection et de suivi des couples de busards nicheurs dans les vastes plaines céréalières du Nord et du Pas-de-Calais. Ce suivi est également réalisé dans une grande partie de la France où subsistent des secteurs favorables à la nidification de ces rapaces, et des centaines de personnes y participent chaque année depuis plus de 40 ans (Millon 2022). C’est dans ce cadre que des couples nicheurs de Busard pâle Circus macrourus ont été détectés en France depuis 2020, précédés depuis la fin des années 1990 par une augmentation progressive du flux migratoire en France (Liger et al. 2008), de cas d’estivages avec parfois des comportements reproducteurs envers des Busards cendrés (Réglade et al. 2022), puis, à partir du milieu des années 2000, de l’hivernage d’individus isolés (Réglade et al. 2015). Une nouvelle reproduction était donc attendue, d’autant que les premiers cas enregistrés en Europe occidentale provenaient des Pays-Bas à partir de 2017. Cet article se propose de faire la synthèse des cas de nidification (encore rares) du Busard pâle en France et de dresser un état des lieux de la situation en Europe.

Le Busard pâle nicheur en France
Historique des cas de nidification connus
Au printemps 2020, un couple de Busards pâles cantonné a été repéré dans le Pas-de-Calais, fournissant le premier cas de nidification contemporaine de l’espèce en France (Cavitte & Boutrouille 2021). Dans le même temps, en Champagne, un autre mâle a participé activement à l’élevage de jeunes Busards cendrés, sans heurts majeurs avec le couple nicheur, une situation déjà rapportée ailleurs en Europe de l’Ouest avant 2020 (Roux 2021).
En 2022, dans l’Aube, une nidification mixte entre un Busard cendré mâle et une femelle hybride Busard pâle x Busard cendré a été découverte, produisant 4 jeunes hybrides de 2e génération (A. Millon, comm. pers.).
En 2023, un couple pur de Busards pâles a de nouveau niché avec succès dans le Pas-de-Calais, menant 5 jeunes à l’envol (Boutilleux et al. 2024a).
En 2024, ce sont deux couples purs qui ont entamé une nidification dans notre pays : l’un a élevé 4 jeunes dans le Pas-de-Calais, l’autre, installé dans la Somme (à 20 m de la frontière avec le Pas-de-Calais !), a échoué dans sa tentative, le nid ayant été victime d’un prédateur juste avant la pose d’une protection… (Boutilleux et al. 2024b, Boutilleux et al. 2025). En outre, au moins trois autres mâles ont été vus paradant en début de saison dans le secteur, mais aucun ne nichera et tous les trois finiront pas disparaître en cours de saison (F. Bertrand, comm. pers.).
En 2025, le cinquième cas de nidification d’un couple pur a été observé dans les Deux-Sèvres, menant un jeune à l’envol (Boizot & Bienvenut 2025). Dans le même temps, en Indre-et-Loire, un mâle Busard pâle s’est apparié à une femelle de Busard cendré et a élevé 3 jeunes au phénotype de Busard cendré, sans trace apparente d’hybridation. Par son comportement antagoniste, le Busard pâle avait écarté le Cendré mâle, mais manifestement après que ce dernier eut assuré sa descendance (B. Griard, comm. pers.). Notons également, qu’un mâle adulte de Busard pâle a de nouveau stationné (du 8 au 19 avril 2025) dans le secteur du Pas-de-Calais où l’espèce avait niché en 2020 et 2024. Il paradait et semblait cantonné, laissant espérer une nouvelle reproduction dans ce secteur, où une possible femelle de Busard pâle avait également été observée. Mais le sort en a décidé autrement : le cadavre du mâle sera en effet découvert quelques jours plus tard près de l’éolienne dont il a été la victime, à quelques centaines de mètres de l’emplacement du nid de 2024. Il s’agissait d’ailleurs du mâle qui avait niché cette année-là, et qui avait été bagué, de même que ses 4 jeunes.
Depuis 2020, c’est un total de 14 jeunes Busards pâles purs qui ont pris leur envol en France, soit en moyenne 3,5 jeunes à l’envol par nichée réussie (n=4), une valeur très proche de celle (3,93 ± 1,75 jeunes) enregistrée dans l’aire d’origine de l’espèce (Terraube et al. 2008).


Particularités des sites de nidification français
Les sites de nid sont localisés au cœur des vastes plateaux agricoles, dominés par des grandes cultures de céréales, où nichent également les Busards Saint-Martin, cendrés et des roseaux. Tous les nids étaient installés dans des champs de blé, sur ces terres relativement plates.

Origine des oiseaux nicheurs en France
À ce jour, il n’a pas été possible de déterminer la provenance des individus nicheurs, ni de savoir si l’un d’eux a niché plusieurs fois en France. Le mâle du couple de 2023 était bagué à la patte gauche, mais, hélas, aucune des photographies n’a permis de lire cette bague métallique, donc de connaître sa provenance. Plusieurs hypothèses ont toutefois été émises :
• il pourrait s’agir du seul des quatre jeunes nés en 2020 ayant pu être bagué (Cavitte & Boutrouille 2021) ; en effet, il s’agissait d’un mâle et le plumage de l’oiseau de 2023 correspond bien à celui d’un individu de 4e année ;
• il est possible que ce soit un jeune né et bagué ailleurs en Europe (Pays-Bas ou Finlande notamment), qui aurait perdu sa bague couleur (B. Koks, comm. pers.) ;
• ce mâle pourrait aussi avoir été capturé et bagué pendant la migration dans une des stations de baguage européennes (B. Koks, comm. pers.).
À partir de 2024, une couleur de bague Darvic a été attribuée spécifiquement aux Busards pâles nés en France (lettres blanches sur fond bleu), ce qui permettra a minima de déterminer l’origine des oiseaux en cas de lecture partielle d’une bague. Cette même année, grâce à l’intervention d’une petite délégation du Groupe d’Études et de Protection des Busards (GEPB) munie des autorisations nécessaires, le mâle adulte et les 4 jeunes de la nichée du Pas-de-Calais ont été munis de ces bagues. En 2025, le couple adulte des Deux-Sèvres ainsi que leur jeune ont également été marqués avec ce type de bague.

Régime alimentaire de l’espèce en France
En 2024, un inventaire des proies a été réalisé, soit en les identifiant dans les serres des oiseaux, soit dans les restes collectés au nid et dans les pelotes de réjection. Sur un total de 71 proies, 59,1% étaient des mammifères : environ deux tiers de campagnols Microtus sp. et un tiers de Lagomorphes, principalement le Lapin de garenne, ainsi qu’une Crocidure leucode Crocidura leucodon et une Taupe d’Europe Talpa europaea. Les 40,9% restant étaient des oiseaux, dont plus des deux tiers étaient des Galliformes et le reste des Passériformes, principalement des Alouettes des champs et des Bruants proyers ; figuraient également au menu du rapace un Pigeon biset domestique et un œuf, visiblement de Galliformes, rapporté par le mâle.
Ainsi, après la prédominance attendue des campagnols (40,8%), cette espèce étant hautement spécialisée dans la chasse de ces rongeurs (Terraube et al. 2011), les Galliformes (25,4%) constituent une part importante du régime alimentaire de l’espèce, suivis par les Lagomorphes (15,5%) et les passereaux (12,7%). Il faut préciser toutefois que les conditions météorologiques défavorables en 2024 ont visiblement réduit les populations de rongeurs, contraignant les busards à se reporter sur d’autres proies, telles que les Lagomorphes et les Galliformes. Nous avons remarqué également que les adultes ne chassaient pas à proximité du nid, mais disparaissaient systématiquement du champ de vision des observateurs et revenaient au nid quelques instants plus tard avec une ou plusieurs proies

Répartition et dynamique des populations de Busard pâle
Avant les années 2000, l’aire de nidification historique (fig. 1) du Busard pâle couvre essentiellement l’Asie centrale, de la mer Noire à la Mongolie (Cramp & Simmons 1980, del Hoyo et al. 1994, Orta et al. 2020). Les principaux noyaux de population se trouvent dans le sud de la Russie et le nord du Kazakhstan, qui accueillent environ 80% des effectifs mondiaux (Cramp & Simmons op. cit., del Hoyo et al. op. cit., BirdLife International 2024). De petites populations se reproduisaient en Azerbaïdjan, Roumanie, Turquie et Ukraine, mais des données récentes indiquent qu’elles ont quasiment disparu (Galushin et al. 2003, Terraube 2020). Depuis le début des années 1990, l’aire de répartition de l’espèce s’est étendue vers le nord-ouest. Le Busard pâle niche désormais chaque année en Finlande et dans les territoires russes voisins (Forsman 2017, Orta et al. 2020) ainsi que, très occasionnellement, en Europe occidentale, comme ce fut le cas récemment aux Pays-Bas, en Espagne, en République tchèque et en France (Koks & Vellinga 2017, Mougeot & Jubete Tazo 2019, Studecký 2021,Cavitte & Boutrouille 2021).
L’espèce niche principalement dans les zones semi-désertiques et les steppes, où ses milieux de prédilection sont les prairies humides à proximité d’une rivière, d’un marais ou d’un lac (Galushin et al. 2003). La nidification en milieu agricole est aussi très régulière (Terraube et al. 2008), du moins lorsque la zone n’est pas exploitée de manière intensive. À noter qu’une partie de la population niche aussi dans des clairières de la taïga boréale et dans la toundra (Kuznetsov 1994, Orta et al. 2020).
Le Busard pâle est un migrateur strict, au long cours, qui hiverne majoritairement en Afrique subsaharienne et dans le sous-continent indien (del Hoyo et al. 1994, Terraube et al. 2012, Orta et al. 2020), mais de rares cas d’hivernage sont maintenant notés de façon régulière en Europe de l’Ouest (Réglade et al. 2015). Bien que la migration s’effectue sur un large front (Galushin et al. 2003), plusieurs voies se dessinent : Asie centrale, Perse/péninsule Arabique, pourtour de la mer Caspienne/Moyen-Orient ainsi que Méditerranée centrale (Panuccio & Agostini 2006). Cependant, depuis le milieu des années 2000, l’accroissement du nombre d’individus observés en migration en France semble indiquer qu’une nouvelle voie, plus occidentale passant par la France et l’Espagne, est empruntée. Ce phénomène migratoire est contemporain de l’émergence d’une petite population nicheuse fennoscandienne, au moins jusqu’en 2020, avec toutefois des fluctuations interannuelles très importantes du nombre de couples détectés (Liger 2022, Réglade et al. 2022).

L’espèce est considérée comme « quasi menacée » (NT), mais avec un déclin modéré, à l’échelle mondiale (BirdLife International 2021a) et de « préoccupation mineure » (LC) au niveau européen (BirdLife International 2021b). Toutefois, l’évaluation de tendances globales pour cette espèce est rendue difficile par la grande amplitude des fluctuations locales, elles-mêmes liées à la variation interannuelle des densités de campagnols. En 2002, on estimait la population mondiale à 9000-15000 couples (Galushin et al. 2003), dont 1000 à 2200 en Europe (BirdLife International 2021b), pour lesquels une diminution atteignant 30 % a été notée entre 1970 et 1990 (Tucker & Heath 1994). Ce déclin, qui se poursuit aujourd’hui, est lié à la conversion de la steppe en terres cultivées et à l’intensification des pratiques agricoles associées (Bragin 1999, Galushin et al. 2003, Terraube et al. 2008). Sur ses zones d’hivernage, la dégradation et la perte de prairies humides lui seraient fortement défavorables (Limiñana et al. 2015, Ganesh & Prashanth 2018). Le Busard pâle fait également partie des espèces régulièrement victimes de tirs illégaux en Europe centrale et dans la région du Caucase, lors de sa migration, où près de 10 % des oiseaux européens pourraient être tués chaque année (Corso & Cardelli 2004, Brochet et al. 2019).

Le Busard pâle nicheur en Europe après 2020
La situation de l’espèce en Europe de l’Ouest et du Nord avant 2020 (fig. 2 et 3) ayant été décrite en détail dans l’article qui traitait de la première nidification française contemporaine (voir Cavitte & Boutrouille 2021), nous n’analyserons ici que les années récentes (fig. 3).


En Finlande, où le Busard pâle se reproduit irrégulièrement depuis 1993 puis annuellement depuis 2010 (Henry 2018, Friberg & Corell 2020), avec un maximum de 16 couples répertoriés en 2018 (Réglade et al. 2022), les années 2023 et 2024 semblent avoir été les pires depuis l’installation de l’espèce. De nombreux individus sont arrivés en Finlande au printemps 2024, mais aucun ne semble être resté pour se reproduire, probablement en raison d’un manque drastique de ressources alimentaires. En effet, il semble n’y avoir eu des campagnols en abondance que dans l’extrême nord de la Laponie cette année-là, et ce de manière inégale. Ari-Pekka Auvinen (comm. pers.) écrit « l’été 2023 a été le premier depuis 2012, où je n’ai même pas essayé de chercher un nid » et « un jeune Busard pâle a tout de même été observé en migration début août 2024 sur la côte ouest de la Finlande, ce qui pourrait signifier qu’il est né quelque part dans la région ». En 2025, deux couples se sont peut-être reproduits autour de la baie de Liminka, mais les nids n’ont pas été trouvés en dépit des recherches ; au moins un jeune a été observé à proximité laissant toutefois supposer qu’il provenait de l’un de ces nids.
Aux Pays-Bas, il n’y a pas eu de nouveaux couples nicheurs purs depuis 2019 (Koks & Vellinga 2017, Lawicki & van den Berg 2019), mais des oiseaux marqués (les jeunes Busards pâles nés en 2017 et 2019 avaient été munis de bagues Darvic) ont été observés ainsi que des cas de reproduction mixte (A. Schlaich, comm. pers.). En 2022, un mâle semblait former un trio avec un couple de Busards des roseaux (B. Koks, comm. pers., Ubels & Bijlsma 2023). En 2023, ce même mâle semblait de nouveau actif toujours avec un couple de Busards des roseaux et a réussi à mener quatre jeunes hybrides à l’envol. Une nouvelle tentative a eu lieu en 2024, mais elle a échoué (B. Koks, comm. pers.). En 2025, une nouvelle hybridation a eu lieu dans le secteur de Groningue, où trois jeunes hybrides ont pris leur envol (R. Ubels in litt., via Dutch Birding).
En République tchèque, l’espèce s’est également reproduite en 2020 (Studecký 2021), élevant 3 jeunes (un mâle et deux femelles), qui ont été équipés de balises GPS. En 2022, le mâle, après avoir été vu en migration en avril à la pointe de Grave (Gironde) puis en Vendée est revenu stationner en Charente-Maritime jusqu’au début du mois d’août (Y. Meuraillon, comm. pers.). D’autre part, un couple mixte Busard cendré mâle x Busard pâle femelle a été découvert en Bohême centrale à la mi-juillet 2023, menant 3 jeunes hybrides à l’envol, qui ont été équipés de balises GPS (J. Studecký, comm. pers.).
En Allemagne, un couple de Busard pâle s’est également reproduit en Frise orientale en 2023 (von Graefe & Uhlenkott in prep.). La femelle, munie d’une bague Darvic, était l’un des jeunes nés aux Pays-Bas ! Par ailleurs, des nichées hybrides ont également été observées dans cette région. En 2014, une femelle Busard pâle s’était accouplée avec un mâle de Busard cendré, menant avec succès des jeunes hybrides à l’envol. Toujours dans la même région, en 2017, un mâle hybride Busard cendré x Busard pâle (présumé être l’un des jeunes de 2014) a tenté de se reproduire avec une femelle de Busard cendré. Ce même individu a de nouveau tenté de nicher en 2019 (avec 2 femelles), en 2020 (échec) et en 2021 et 2023 avec des femelles de Busard cendré. Il y a donc eu cinq saisons de reproduction suivies ayant mené à l’envol 12 jeunes de 2e génération d’un mâle hybride Busard cendré x Busard pâle avec une femelle de Busard cendré (von Graefe & Uhlenkott in prep.). En 2025 toutefois, pour la première fois depuis 2020, aucun Busard pâle n’a été signalé en Bavière, peut-être en lien avec le plus bas niveau de campagnols observé depuis 2006 (Ralf Krüger in litt.).
Au Royaume-Uni, après le premier séjour printanier d’un mâle dans le Lancashire en 2017, des tentatives de reproduction infructueuses d’un mâle de Busard pâle avec des femelles de Busard Saint-Martin ont été observées en 2021 en Irlande (Jones 2022).
En Hongrie, en 2023, un mâle a entrepris la construction de nids et paradait seul. En 2025, un mâle adulte a été observé au même endroit pendant plusieurs jours (Zoli Turny, in litt.).
En Biélorussie, un juvénile dont certaines rémiges n’avaient pas encore complètement poussé a été photographié près de Krugi, Magiliou, le 15 juillet 2017, constituant probablement le premier cas de reproduction de l’espèce dans le pays depuis 1916 (Ławicki & van den Berg 2017, Studecký 2021).
En Espagne, après le premier cas observé en 2019 (Mougeot & Jubete 2019), et à l’exception d’un mâle paradant dans la région de Palencia au printemps 2024, aucun nouveau cas de reproduction n’a été détecté (B. Arroyo comm. pers.).
Conclusion
Les nouveaux cas de nidification du Busard pâle en France s’inscrivent dans une dynamique d’extension de l’aire de répartition de l’espèce vers le nord-ouest, initiée au début des années 2000 par l’augmentation des données de migrateurs, l’accroissement des cas d’hivernage dans plusieurs pays et l’allongement des séjours printaniers avec des comportements reproducteurs (Ollé et al. 2015, Réglade et al. 2015, 2022, Henry 2018).
Cependant, il convient de préciser que cet essor en Europe de l’Ouest, donnant à de nombreux ornithologues européens occidentaux l’impression d’une augmentation plutôt que d’un déclin, semble être dû à un changement de répartition et à une perte des nicheurs en Europe de l’Est (fig. 4) plutôt qu’à une véritable expansion qui auraient poussé un excédent de ces busards nomades à coloniser des habitats appropriés à l’ouest et au nord (Henry 2018, Réglade et al. 2022).

Les points figurant en Grande-Bretagne concernent uniquement des cas de nidification «possible». (Source European Birds Census Council)
Évidemment, les paysages fortement fragmentés et modifiés par l’homme en Europe de l’Ouest auront des conséquences certaines sur la dynamique et la durabilité de l’installation de ces nouveaux nicheurs (Réglade et al. 2022), à l’instar des problématiques récurrentes rencontrées par les autres espèces de busards en plaine agricole (Thiollay & Bretagnolle 2004, Issa & Muller 2015, Beaudoin et al. 2019, Millon 2022). Ce changement récent, témoignant de l’adaptabilité du Busard pâle, représente au moins un espoir pour son avenir à court terme, mais peut-être pas nécessairement pour sa sécurité à long terme (Réglade et al. 2022). Il est en tout cas fort probable que d’autres cas de nidification du Busard pâle seront détectés en Europe de l’Ouest, et sans doute aussi en France, dans les prochaines années.

Remerciements : ils s’adressent en premier lieu à Frédéric Bertrand, fidèle busardeux du Pas-de-Calais, qui a découvert deux nidifications sur son secteur de prospection, ainsi qu’à Philippe Anscutte et Anne-Gaëlle Mothé pour leurs photographies. Nos remerciements vont à l’équipe du Groupe d’Études et de Protection des Busards (GEPB), notamment à Alexandre Millon et Pascal Albert pour leur déplacement dans le Pas-de-Calais afin de baguer les jeunes Busards pâles de 2024. Merci également à Marc Duquet pour le lien avec Dick Forsman ayant permis de confirmer nos identifications de femelles. Enfin, un grand merci à tous nos collègues étrangers pour la transmission détaillée d’informations sur l’espèce dans leurs pays respectifs.
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Contacts : Baptiste Boutilleux (baptiste.boutilleux@gon.fr) et Michel Antoine Réglade (reglade2@hotmail.fr)
NDLR : Un article détaillant un par un les cas de nidification français a été publié dans Le Héron 56-1 (2025), la revue du GON et peut être consulté sur ResearchGate. Pour s’abonner à la revue Le Héron, consulter le site du GON.
Citation recommandée : Boutilleux B., Boutrouille C., Cavitte G. & Réglade M.A. (2025). Synthèse sur la nidification du Busard pâle en France et en Europe. Post-Ornithos (marcduquet.com) 2 : e2025.11.08.

