Envol acrobatique d’une Huppe fasciée
Par Jérôme Poguet

Une rencontre inattendue
Voilà longtemps que j’attendais de croiser une Huppe fasciée et d’avoir l’opportunité de la photographier. À ma grande surprise, c’est en montagne, près du col du Granon (Hautes-Alpes) à environ 2100 m d’altitude, que je l’ai rencontrée un matin de juillet 2025. Peu impressionnée par ma présence, elle se nourrissait au sol dans un vallon mêlant pierriers et prairies, avec seulement quelques arbres, ce qui me permit de faire une longue série d’images jusqu’à son envol.
Surprise au visionnage des photos
Le soir venu, j’ai eu une nouvelle surprise en regardant de plus près les images de l’envol de cette huppe montagnarde… En effet, voici ce que montrent les 11 photos : après s’être mise en position d’envol face à la direction qu’elle allait prendre, la huppe déploie les ailes et lors du premier battement, elle pivote sur elle-même de sorte qu’elle se retrouve le dos en avant, et se propulse à reculons un peu comme le fait un calamar dans l’eau ! Elle donne un premier battement d’ailes dans cette position inhabituelle, donnant presque l’impression d’un vol normal, si ce n’est que l’on voit alors son ventre et ses pattes en même temps que le dessus de ses ailes au lieu du dessous. Elle enchaîne trois autres battements dans cette position, avant de basculer progressivement sur le côté au battement suivant afin de reprendre un vol normal.
Cette façon de décoller est-elle habituelle ou non ? Elle est en tout cas impossible à voir à l’œil nu en temps réel et n’est révélée ici que par la rapidité de la séquence de prise de vue, les cinq battements d’ailes ayant été effectués en un tiers de seconde.
Déroulement de la scène image par image
Les photos suivantes ont été prises avec un appareil hybride Canon R7 muni d’un capteur APS-C et d’un zoom 100-500mm réglé à 450mm, soit l’équivalent d’un téléobjectif de 720mm en plein format. La rafale d’images a été prise en précapture, à une cadence de 30 images par seconde, ce qui signifie que les 11 photos présentées ici correspondent au laps de temps compris entre 0,33s avant le déclenchement et le déclenchement lui-même, soit moins d’une demi-seconde au total (vitesse d’obturation 1/3200s ; ouverture f 6,3 ; sensibilité 500 IS0) !








Pour mieux apprécier l’envol acrobatique de cette Huppe fasciée, j’ai réalisé un petit montage vidéo à partir des onze photographies ci-dessus. La séquence a été ralentie (2 images par seconde) pour bien voir les mouvements de l’oiseau et le fond de l’image a été passé en noir et blanc afin de mieux faire ressortir l’oiseau.
NDLR. Ces photos ont été publiées dans un premier temps sur Gazouillette, le site personnel de l’auteur, photographe naturaliste dont les magnifiques clichés méritent d’être vus.
Citation recommandée : Poguet J. (2026). Envol acrobatique d’une Huppe fasciée. Post-Ornithos 3 : e2026.08.28.
