Le livre “Les guetteurs” de P.J. Dubois et É. Rousseau
Par Nadine B.

En 1990, Philippe J. Dubois découvrait un incroyable site de seawatching sur l’île de N’Gor, au large de Dakar, où passaient des milliers de sternes, de labbes, de limicoles, de puffins et d’océanites en route vers le sud. Trente quatre ans plus tard, il réunissait une équipe de seawatcheurs européens et sénégalais afin de réaliser durant trois mois un suivi exhaustif de la migration postnuptiale, du lever du jour jusqu’au crépuscule. Tandis que Philippe est parti observer les oiseaux marins sous le soleil du Sénégal, sa compagne Élise est restée en Bretagne. Leur nouveau livre, intitulé Les guetteurs (2026, Albin Michel, 224 pages, 19,90 €) est un récit épistolaire entre les deux naturalistes complices, où alternent les textes d’Élise, empreints de poésie et de sensibilité, et ceux de Philippe qui nous livre son ressenti quotidien, relate les journées des ornithologues sur l’île et dresse la liste des oiseaux observés.
Ni le titre ni le sous-titre ni même le texte de présentation sur la 4e de couverture de ce livre ne reflètent tout à fait son contenu. Les premières pages peuvent être déconcertantes, donnant un peu la sensation de profaner un journal intime. Car au gré des échanges, l’intime est très présent. Rapidement, l’ouvrage fait voyager le lecteur des rivages bretons à ceux du Sénégal, au gré des paysages et des rencontres, que les deux auteurs décrivent dans un style littéraire léger et séduisant. Au final, on le lit comme un récit de voyage, plein d’évocations poétiques et d’émotions partagées, le tout agrémenté d’anecdotes et d’infos plus scientifiques sur la migration des oiseaux, mais aussi sur le comportement des ornithos. Ce n’est pas un ouvrage documentaire sur la migration des oiseaux, mais plutôt une ode à la Nature (ailée) et à la Vie, pleine de sensibilité et de philosophie.
Des mêmes auteur(e)s : Petite philosophie des oiseaux (2018, La Martinière) et Ornithérapie (2025, Albin Michel).

Voir aussi Ornithérapie, le nouveau livre de Philippe J. Dubois et Élise Rousseau
