Liste commentée des passereaux néarctiques observés en France

Mise à jour du 8/10/2025 : trois données récentes de Pipit d’Amérique (Ouessant), deux de Viréo à œil rouge (Ouessant) et une de Grive à dos olive (Molène) ont été ajoutées aux données françaises.

Paruline noir et blanc, île de Sein, Finistère, octobre 2019 (© Pierre Crouzier)

Ce nouvel article consacré aux passereaux (et à quelques non-passereaux : coulicous, martinets et engoulevents) néarctiques qui s’égarent en Europe dresse la liste des espèces ayant déjà été observées en France. Elle sera mise à jour régulièrement, au gré des nouvelles mentions obtenues. En complément, un inventaire des autres passereaux néarctiques vus ailleurs en Europe, donc susceptibles d’arriver un jour en France, sera présenté prochainement.

Données françaises de passereaux (et apparentés) néarctiques (mise à jour : 23/09/2025)
Afin de faciliter la recherche dans un guide des oiseaux d’Amérique, le nom anglais des espèces citées figure entre parenthèses après le nom français. Pour chaque donnée sont indiquées la localité (département), les dates de présence et, le cas échéant, la référence bibliographique de l’article relatant l’observation. Sauf indication contraire, les données présentées ici se rapportent à un seul individu ; s’ils ont été déterminés, le sexe et l’âge sont précisés entre parenthèses, de même que d’autres détails éventuels. Abréviations utilisées (sans ponctuation) : ind (individu), m (mâle), f (femelle), ad (adulte), juv (juvénile), H1 (1er hiver), E1 (1er été), 1A (1re année), 2A (2e année), 3A (3e année), capt (capturé), janv (janvier), fév (février), sept (septembre), oct (octobre), nov (novembre), déc (décembre). 
Les données figurant ici sont tirées du Nouvel inventaire des oiseaux de France (Dubois et al. 2008) et des rapports annuels du Comité d’Homologation National parus à ce jour, le dernier prenant en compte l’année 2019 (Touzé & le CHN 2022). Les mentions obtenues depuis 2020 proviennent de diverses sources, principalement de la base de données Faune France, mais aussi des listes de diffusion Oiseaux Rares France (Telegram) et Sein Alert (WhatsApp), quelques-unes figurant dans A List of Nearctic Passerines in the Western Palearctic (Hobbs 2025). La validité de la quasi-totalité ces observations récentes, qui sont presque toutes accompagnées de photos, ne fait aucun doute. Les données non circonstanciées (sans description ni photos) n’ont pas été retenues, a fortiori lorsque le lieu et la date ne correspondaient pas au pattern d’apparition connu de l’espèce en France ou en Europe. Les données postérieures à 2019 seront mises à jour au gré des prochaines publications du CHN.

Coulicou à bec jaune (Yellow-billed Cuckoo) – 5 données
• La Tremblade (Charente-Maritime), 6 nov 1924 (tué à la chasse ; Lawson 1925, Mayaud 1936)
• Embouchure de l’Orne (Calvados), 31 oct 1957
• Île d’Ouessant (Finistère), 5-6 oct 2005 (juv/H1)
• Île d’Yeu (Vendée), 19 oct 2023 (1A, trouvé mort le 21)
• Île de Sein (Finistère), 25 oct 2023 (plumée trouvée dans les fougères)
Bien que l’espèce figure parmi les espèces néarctiques régulièrement vues en Europe (une centaine de données environ, l’essentiel dans les îles Britanniques ; Slack 2009), le nombre de mentions françaises reste faible. Il faut dire que la survie d’un coulicou emporté vers l’Europe ne dépasse généralement pas une journée, ce qui réduit considérablement la probabilité d’en trouver un vivant ; Ainsi, sur trois coulicous (deux à bec jaune et un à bec noir) ayant trouvé refuge en plein océan Atlantique sur un bateau à plus de 1000 km des côtes américaines, un seul Coulicou à bec jaune a survécu plus d’une journée (Durand 1972). En Grande-Bretagne, sur les 15 premiers individus observés (7 autres ayant été abattus), 10 ont été trouvés morts, 3 étaient épuisés et sont morts plus tard et 2 seulement ont été vus vivants (Naylor 2025). La première donnée française (Lawson 1925), pourtant reprise par Mayaud (1936), était passée entre les mailles des filets de Dubois et al. (2008) et du CHN.

Coulicou à bec noir (Black-billed Cuckoo) – 1 donnée
• Brélès (Finistère), 15 nov 2013 (1A ; Champion 2017)
Beaucoup plus rare en Europe que le Coulicou à bec jaune, probablement en lien avec sa migration orientée davantage vers le sud-ouest depuis l’est de l’Amérique du Nord (Hughes 2020). La quasi-totalité des mentions provient de Grande-Bretagne, auxquelles s’ajoutent des observations ponctuelles en Islande, en Irlande, en Allemagne, au Danemark et en Italie (Slack 2009). Une donnée française du XIXe siècle – 1 femelle adulte tuée à Nissan-lez-Ensérune, Hérault, le 20 juillet 1886 – pouvait faire penser à une confusion avec un Coucou geai juvénile, mais elle a été réexaminée par le CHN qui a confirmé qu’elle concernait bien cette espèce ; toutefois, la date et le lieu ne plaidant pas en faveur d’une arrivée naturelle, elle n’a pas été inscrite sur la Liste des oiseaux de France. Les données européennes se répartissent de la dernière décade de septembre à la première semaine de novembre, la plupart étant d’octobre et une seule de juillet (Hughes op. cit.).

Coulicou à bec noir, Brélés, Finistère, novembre 2013 (© Mickaël Champion)
Coulicou à bec jaune, île d’Yeu, Vendée, octobre 2023 (© Ulrich Viaud)

Engoulevent d’Amérique (Common Nighthawk) – 2 données
• Île d’Ouessant (Finistère), 17-28 sept 1998 (f)
• Île de Sein (Finistère), 8 oct 2022 (1A)
Égalité pour les deux îles bretonnes, avec une donnée chacune. Mais le nombre total d’observations n’est pas équivalent à ce qui est noté ailleurs en Europe : par exemple, 27 observations en Grande-Bretagne, dont 15 aux îles Scilly jusqu’en 2024 (Naylor 2025).

Martinet ramoneur (Chimney Swift) – 2 données
• Île de Sein (Finistère), 30 oct-1er nov 2005 (Trévoux & Trévoux 2007)
• Plogoff (Finistère), 26 oct 2023
Ailleurs en Europe, on recense une vingtaine de données en Grande-Bretagne et autant en Irlande, ainsi que quelques-unes en Espagne, au Portugal, en Suède et en Norvège (Slack 2009). La moitié des mentions britanniques provient du sud-ouest de l’Angleterre, partie de l’archipel la plus proche des côtes bretonnes (Naylor 2025).

Martinet ramoneur, île de Sein, Finistère, octobre 2005 (© Thierry Quélennec)
Engoulevent d’Amérique, île de Sein, octobre 2022 (© Christian Kerihuel)

Viréo à œil rouge (Red-eyed Vireo) – 35 données
• Île d’Ouessant (Finistère) : 19-21 oct 1983 (Balança et al. 1984), 17 oct 1985, 10 oct 1988, 12-16 oct 1988, 10 oct 1995, 14 sept 1998, 8-10 oct 2000, 9-13 oct 2001, 21 oct 2001, 14-15 oct 2008, 17-18 sept 2010, 5 oct 2010, 11-19 oct 2010 (H1), 9-11 oct 2010, 11 oct 2010 (H1), 2 oct 2016 (1A), 7-23 oct 2022, 12-23 oct 2022, 12 oct 2022 (2 ind), 20 oct 2022, 23-29 sept 2023, 4 oct 2023, 23 oct 2023, 6-7 oct 2025 (2 ind)
• Île de Sein (Finistère) : 17 oct 2009 (H1), 5-12 oct 2010 (H1), 16-17 oct 2019 (1A)
• Loon-Plage (Nord), 21 oct 2010
• Île d’Yeu (Vendée), 11 oct 2012
• Île de Molène (Finistère) : 10-11 oct 2015 (1A), 13-14 oct 2017
• Île d’Hoëdic (Morbihan), 23-24 oct 2019
• Saint-Froult (Charente-Maritime), 7 oct 2020 (1A probable, capt)
• Île de Noirmoutier (Vendée), 9-10 oct 2020 (1A)
Majoritairement observé à Ouessant, ainsi que sur les autres îles atlantiques ; deux mentions continentales seulement. Le Viréo à œil rouge est le passereau néarctique le plus fréquemment contacté en Europe, essentiellement en septembre-octobre, avec près de 400 données, dont plus de 150 en Angleterre, 90 en Irlande, 36 en Islande, 29 en Écosse, 10 au Pays de Galles, 9 aux Pays-Bas, 6 en Norvège, 4 en Espagne, 3 en Belgique, 2 en Allemagne et en Italie, et 1 à Guernesey, au Danemark, en Pologne, au Portugal et à Malte (Hobbs 2025). C’est aussi le cas en France, où l’espèce totalise près de 40 % des données pour la période 1980-2024.

Viréo à œil rouge, Ouessant, Finistère, octobre 2022 (© Fabrice Jallu)
Viréo à œil rouge, île de Sein, Finistère, octobre 2010 (© Jean-Pierre Jordan)

Hirondelle à front blanc (American Cliff Swallow) – 2 données
• Île d’Hoëdic (Morbihan) 30 sept-1er oct 2000 (juv ; Guérin & Rault 2000)
• Île d’Ouessant (Finistère), 2-9 oct 2012
Ailleurs en Europe, il existe 23 données (Hobbs 2025), 16 en Angleterre (fin sept-oct), 4 en Islande (août et oct) et 1 en Irlande (nov), en Suède (nov) et en Écosse (août). À quand la première sur l’île de Sein ?

Hirondelle à front blanc, île d’Ouessant, Finistère, octobre 2012 (© Aurélien Audevard)

Grive à dos olive (Swainson’s Thrush) – 10 données
• Versailles (Yvelines), 17 fév 1979
• Île d’Ouessant (Finistère) : 16-18 oct 1995, 12-14 oct 2000, 28 sept 2006 (individu différent du suivant), 28 sept-3 oct 2006  (H1), 15-18 oct 2011 ; 8-9 oct 2019, 30 oct 2024 (capturée par un Faucon crécerelle)
• Île de Sein (Finistère) : 7-15 oct 2010 (H1)
Île de Molène (Finistère) : 7 oct 2025
L’île d’Ouessant fournit la quasi-totalité des données françaises. Par ailleurs, Dubois et al. (2008) écrivent : « une seule capture mentionnée au XIXe siècle, sans précision de lieu ni de date » ; la concernant, Degland & Gerbe (1867) indiquent que cette espèce « a été tuée […] en France », formulation reprise par Mayaud (1936), mais ne précisent ni le siècle ni le nombre de captures (une seule ou plusieurs ?). En Europe, la Grive à dos olive est l’espèce la plus régulière après le Viréo à œil rouge, avec plus de 100 données, la moitié en Grande-Bretagne, 11 en Islande, 10 en Irlande, 7 en Norvège, 4 en Belgique et en Italie, 3 en Allemagne, 2 en Suède et en Finlande, 1 au Danemark et en Espagne (Hobbs 2025). 

Grive à joues grises (Grey-cheeked Thrush) – 8 données
• La Tranche-sur-Mer (Vendée), 19 oct 1974 (morte)
• Île d’Ouessant (Finistère) : 22-25 oct 1986 (m), 12-14 oct 2002 (H1), 7 oct 2008 (juv/H1), 5 oct 2010 (H1, mort)
• Île de Sein (Finistère) : 22-23 oct 2014 (morte, conservée au MNHN), 20-22 oct 2017, 21 oct 2024
Aussi fréquente en Europe que la Grive à dos olive, avec une centaine de données (oct-nov), dont la quasi-totalité dans les îles Britanniques (Grande Bretagne et Irlande), mais aussi 5 en Islande, 3 en Norvège et 1 aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie et au Portugal (Hobbs 2025). Les données françaises sont plus équitablement réparties entre les îles d’Ouessant et de Sein que celles de la Grive à dos olive.

Grive à joues grises, île de Sein, octobre 2024 (© Maxime Zucca)
Grive à dos olive, Ouessant, Finistère, octobre 2024 (© Bastien Boyance)

Pipit d’Amérique (American Pipit) – 7 données
• Île d’Ouessant (Finistère), 26 sept-10 oct 2007 (Audevard 2009), 6-7 oct 2025, 7 oct 2025, 8 oct 2025
• Île de Sein (Finistère) : 8-11 oct 2010, 13 puis 23-29 oct 2021, 30 sept-4 oct 2023
Toutes les données proviennent de la pointe bretonne, la minuscule île de Sein semblant plus favorable que Ouessant pour la découverte de ce pipit. Il existe plus de 160 données en Europe, l’essentiel dans les îles Britanniques et en Islande, une dizaine en Norvège et Suède, et quelques-unes en Allemagne, Espagne et Italie (Hobbs 2025).

Paruline à collier (Northern Parula) – 3 données
• Île d’Ouessant (Finistère) : 17-27 oct 1987 (f juv probable), 21 oct 1995 (1A)
• Île de Sein (Finistère), 20-25 oct 2009 (f H1 ; Zucca 2010)
Cette paruline reste très rare en Europe – Grande-Bretagne (16), Islande (9), Irlande (3), Allemagne (1) – et en France, avec à peine une observation par décennie, c’est une grande rareté.

Pipit d’Amérique, Ouessant, Finistère, septembre 2007 (© Aurélien Audevard)
Paruline à collier, île de Sein, Finistère, octobre 2009 (© Julien Renoult)

Paruline obscure (Tennessee Warbler) – 1 donnée
• Tréogat (Finistère), 30 août 2025
Une mention plus ancienne – un individu le 25 avril 1997 sur l’île de Sein, Finistère –, d’abord acceptée par le Comité d’homologation national (CHN), a finalement été rejetée après réexamen, le CHN ayant conclu que la possibilité d’un Pouillot fitis nordique (ssp. acredula) ne pouvait être totalement écartée (Reeber et al. 2008, Crochet et al. 2013). Cette paruline est extrêmement rare en Europe, où l’on dénombre moins de 20 données : Grande-Bretagne (10), Islande (3), îles Féroé (1), Irlande (1), Espagne (1), Pays-Bas (1).

Paruline jaune (Yellow Warbler) – 3 données
• Mortagne-sur-Gironde (Charente-Maritime), 30 août 2011 (f/juv H1, capt ; Musseau & Herrman 2013)
• Île d’Ouessant (Finistère) : 30 sept-12 oct 2023 (m 1A), 1-12 oct 2023 (1A, capt ; sans doute arrivé en même temps que l’autre individu)
Comme la Paruline obscure de 2025, la première mention de cette espèce se rapportait à un individu capturé fin août en un lieu inattendu. Obtenues fin septembre-début octobre sur une île bretonne, les deux observations suivantes sont plus classiques, bien que la présence simultanée de deux parulines en un même lieu soit exceptionnelle en France. Autres données européennes : Grande-Bretagne (9), Islande (5), Irlande (5), îles Féroé (1), Danemark (1).

Paruline obscure, Tréogat, Finistère, août 2025 (© Gaëtan Guyot)
Paruline jaune, Conchemarche, Charente-Maritime, août 2011 (© Raphaël Musseau)

Paruline à flancs marron (Chestnut-sided Warbler) – 1 donnée
• Île de Sein (Finistère), 10-12 oct 2010 (m H1 ; Jordan et al. 2012)
Paruline excessivement rare en Europe, où l’on ne comptabilise que deux autres mentions, toutes deux en provenance de Grande-Bretagne (20 sept 1985 et 18 oct 1995). La découverte de cet oiseau dans les fougères de Kélaourou, un îlot inhabité à l’est de l’île de Sein, a été un grand moment pour les observateurs présents à cette époque (Jordan et al. 2012).

Paruline à gorge orangée (Blackburnian Warbler) – 1 donnée
• Île d’Yeu (Vendée), 2 oct 2019 (m 1A ; Isaac 2020)
Encore une paruline extrêmement rare en Europe, où il n’existe que six autres données, 5 en Grande-Bretagne et 1 en Islande (Hobbs 2025). Et si la date est classique pour l’espèce, le lieu de sa découverte est nettement plus inattendu.

Paruline à gorge orangée, île d’Yeu, Vendée, octobre 2019 (© Jean-Marc Guilpain)
Paruline à flancs marrons, île de Sein, Finistère, octobre 2010 (© Jean-Pierre Jordan)

Paruline rayée (Blackpoll Warbler) – 5 données
• Île d’Ouessant (Finistère) : 9-15 oct 1990 (1A), 19 oct-5 nov 2000, 10-21 oct 2003 (1A)
• Île de Sein (Finistère), 29 oct 1995
Plogoff (Finistère), 5 oct 2025
Quelque 90 autres données européennes pour cette paruline, qui figure dans le Top 5 des passereaux néarctiques les plus fréquents en Europe ; la quasi-totalité des mentions européennes provient de Grande-Bretagne (60 %), d’Islande (18 %) et d’Irlande (18 %), auxquelles s’ajoutent quelques données continentales – Norvège (2), Finlande (1), Danemark (1) et Pays-Bas (1). Les dernières données françaises commencent toutefois à dater quelque peu, ce qui est aussi le cas ailleurs en Europe où, après une année 2020 avec trois mentions (Irlande, Grande-Bretagne et Pays-Bas), une seule donnée annuelle a été enregistrée en 2021 (Irlande), 2022 (Irlande) et 2023 (Canaries).

Paruline noir et blanc (Black-and-white Warbler) – 1 donnée
• Île de Sein (Finistère), 16-18 oct 2019 (1A ; Sabatier 2021)
Durant son séjour, qui a attiré des dizaines d’ornithos venus d’Ouessant, cette paruline a été observée dans le même buisson et à quelques centimètres d’un Viréo à œil rouge. Autres données européennes : Grande-Bretagne (22), Islande (4), îles Féroé (1), Norvège (1), Espagne (1), Belgique (1).

Paruline rayée, Ouessant, Finistère, octobre 2003 (© Miguel Vergès)
Paruline noir et blanc, île de Sein, Finistère, octobre 2019 (© Pierre Crouzier)

Paruline flamboyante (American Redstart) – 1 donnée
• Île d’Ouessant (Finistère), 10 oct 1961 (f juv, capturée et « collectée » pour le Muséum national d’histoire naturelle ; Vielliard 1962)
Aucune donnée en Europe continentale, toutes les autres mentions européennes provenant d’Islande (2), d’Irlande (2) et de Grande-Bretagne (6), trois en septembre, cinq en octobre et deux en novembre (Hobbs 2025). 

Paruline couronnée (Ovenbird) – 1 donnée
• Île de Molène (Finistère), 27 sept-2 oct 2019 (1A ; Wroza 2021)
Tout comme Sein avec une Paruline noir et blanc et Yeu (Vendée) avec une Paruline à gorge orangée, la petite île de Molène a fait de l’ombre à Ouessant cet automne-là ! Ailleurs en Europe, il existe seulement 7 données en Grande-Bretagne, 3 en Irlande et 1 en Norvège (Hobbs 2025). Autres données européennes : Grande-Bretagne (7), Irlande (3), Norvège (1).

Paruline des ruisseaux (Northern Waterthrush) – 3 données
• Île d’Ouessant (Finistère), 17 sept 1955 (f, capt ; Etchécopar 1955)
• Lampaul-Plouarzel (Finistère), 21 oct 2008 (ad probable)
• Île de Porquerolles (Var), 27 avril 2010 (capt)
La donnée printanière sur l’île de Porquerolles, au large d’Hyères est remarquable, et concerne vraisemblablement un oiseau arrivé en Europe à l’automne précédent. Autres données européennes : Grande-Bretagne (7), Pays-Bas (1), Jersey (1).

Paruline couronnée, île de Molène, Finistère, septembre 2019 (© Pierre Rigalleau)
Bruant à gorge blanche, Ouessant, Finistère, octobre 2021 (© Julien Gonin)

Tangara écarlate (Scarlet Tanager) – 1 donnée
• Île d’Ouessant (Finistère), 12-18 oct 2000 (m H1 ; de Broyer 2007)
Une quinzaine d’autres données européennes dans les îles Britanniques, équitablement réparties entre la Grande-Bretagne et l’Irlande.

Cardinal à poitrine rose (Rose-breasted Grosbeak) – 4 données
• Île d’Ouessant (Finistère) : 15-22 oct 1985 (juv), 16-17 oct 2019 (1A)
• La Brée-les-Bains (Charente-Maritime), 10-31 déc 2006 (f 1A)
• Saint-Pierre-Quiberon (Morbihan), 22-25 oct 2019 (m 1A)
Les deux données d’octobre 2019 coïncident avec l’arrivée de trois espèces de parulines, nouvelles pour la France : la Paruline noir et blanc, la Paruline couronnée et la Paruline à gorge orangée. Autres données européennes : Grande-Bretagne (33), Irlande (10), îles Anglo-Normandes (4), Islande (3), Malte (3), Norvège (2), Suède (2), Danemark (1), Slovénie (1).

Bruant à gorge blanche (White-throated Sparrow) – 3 données
• Saint-Marcel (Morbihan), 20-21 avril et 29 juin 2008 (Jackson 2011)
• Île d’Ouessant (Finistère), 17-25 oct 2021 (1A)
• Les Bouchoux (Jura), 3 juin-23 juillet 2022 (ad)
Une centaine d’autres données en Europe (et curieusement seulement 3 aux Açores) : Grande-Bretagne (59), Islande (6), Pays-Bas (7), Norvège (4), Finlande (4), Irlande (3), Danemark (2), Belgique (2), Espagne (2), Suède (1), Gibraltar (1), Malte (1). En Europe, les bruants néarctiques sont observés majoritairement au printemps, à une période où les conditions de vent favorables sont quasi inexistantes, les bateaux jouant certainement un rôle important dans leur traversée de l’Atlantique (Elkins 2008). Mais Vinicombe & Cottridge (1997) considèrent que ces oiseaux dépasseraient l’Amérique du Nord en suivant une route orthodromique (c’est-à-dire à vol d’oiseau en suivant un arc de grand cercle), ce qui semble plausible, car cela correspond à la trajectoire qui les mènerait vers le nord de la Grande-Bretagne (Elkins 2008).

Bruant à couronne blanche (White-crowned Sparrow) – 1 donnée
• Barfleur (Manche), 25 août 1965
Comme le Bruant à gorge blanche, ce bruant est fréquemment vu en avril-mai en Europe, mais il existe également de nombreuses données automnales dans les îles Britanniques ; on dénombre 16 données en Grande-Bretagne, 3 dans les îles Féroé, 2 en Norvège et 1 en Irlande (Hobbs 2025).

Goglu des prés (Bobolink) – 3 données
• Île d’Ouessant (Finistère) : 15-16 oct 1987, 25 sept 2005
• Tréogat (Finistère), 17 août 1995
Il existe une quarantaine de données dans les îles Britanniques (Grande-Bretagne et Irlande) et une en Norvège, aux Pays-Bas, à Gibraltar et en Italie (Hobbs 2025). L’espèce est en fort déclin en Amérique du Nord, tant en termes de répartition que d’effectifs (Renfrew et al. 2020), ce qui rend désormais son arrivée en Europe moins probable. Toutefois, il existe quatre mentions récentes : début octobre 2022 aux Pays-Bas et en Angleterre, et fin septembre 2023 en Angleterre (2 données) et au Pays de Galles (Hobbs 2025).

Cardinal à poitrine rose, Saint-Pierre-Quiberon, Morbihan, octobre 2019 (© Hugo Touzé)
Oriole de Baltimore, Ouessant, Finistère, octobre 2022 (© Simon Baudouin)

Oriole de Baltimore (Baltimore Oriole) – 2 (ou 3) données
• Île d’Ouessant (Finistère) : 5 et 11 oct 2022 (1A, un ou deux individus – Chaigne 2024), 9 oct 2023 (1A)
Peut-être deux oiseaux différents, donc deux données, en 2022 à Ouessant. On recense une quarantaine de données dans les îles Britanniques, quatre en Islande, deux aux Pays-Bas, et une en Norvège et en Suède (Hobbs 2025).

Vacher à tête brune (Brown-headed Cowbird) – 1 donnée
• Ouzouër-sur-Trézée (Loiret), 4 mai 2010 (Danjon 2011)
Moins de dix données au total ailleurs en Europe, la majorité en avril-mai : Grande-Bretagne (5), Norvège (2), Allemagne (1).

Carouge à tête jaune (Yellow-headed Blackbird) – 1 donnée
• Le Hâble-d’Ault (Somme), 23 août-15 sept 1979 (trouvé mort à cette date)
Cette espèce n’est pas inscrite sur la Liste des oiseaux de France, car son origine naturelle est douteuse. En effet, bien qu’elle ait déjà aussi été observée en Grande-Bretagne et en Allemagne, sa répartition originelle et la faible amplitude de ses migrations font qu’une origine captive est plus probable qu’une arrivée spontanée en Europe. Il existe néanmoins deux mentions européennes placées en catégorie A : un mâle adulte aux Pays-Bas en mai 1982 et un autre en Islande en juillet 1983.

Viréo à œil rouge, Loon-Plage, Nord, octobre 2010 (© Thierry Tancrez)

Récapitulatif des observations par année
Sont indiqués, entre parenthèses après l’année, le nombre de données/d’espèces enregistrées cette année-là. Lorsqu’une espèce a été vue plus d’une fois, le nombre de mentions figure entre parenthèses après son nom.
• 1924 (1/1) : Coulicou à bec jaune
• 1955 (1/1) : Paruline des ruisseaux
• 1957 (1/1) : Coulicou à bec jaune
• 1961 (1/1) : Paruline flamboyante
• 1965 (1/1) : Bruant à couronne blanche
• 1974 (1/1) : Grive à joues grises
• 1979 (1/1) : Grive à dos olive
• 1983 (1/1) : Viréo à œil rouge
• 1985 (2/2) : Viréo à œil rouge, Cardinal à poitrine rose
• 1986 (1/1) : Grive à joues grises
• 1987 (2/2) : Paruline à collier, Goglu des prés
• 1988 (2/1) : Viréo à œil rouge (2)
• 1990 (1/1) : Paruline rayée
• 1995 (5/5) : Viréo à œil rouge, Grive à dos olive, Paruline à collier, Paruline rayée, Goglu des prés
• 1998 (2/2) : Engoulevent d’Amérique, Viréo à œil rouge
• 2000 (5/5) : Viréo à œil rouge, Hirondelle à front blanc, Grive à dos olive, Paruline rayée, Tangara écarlate
• 2001 (2/1) : Viréo à œil rouge (2)
• 2002 (1/1) : Grive à joues grises
• 2003 (1/1) : Paruline rayée
• 2005 (3/3) : Coulicou à bec jaune, Martinet ramoneur, Goglu des prés
• 2006 (3/2) : Grive à dos olive (2), Cardinal à poitrine rose
• 2007 (1/1) : Pipit d’Amérique
• 2008 (3/3) : Viréo à œil rouge, Grive à joues grises, Paruline des ruisseaux
• 2009 (2/2) : Viréo à œil rouge, Paruline à collier
• 2010 (11/5) : Viréo à œil rouge (7), Grive à dos olive, Grive à joues grises, Pipit d’Amérique, Paruline à flancs marron
• 2011 (2/2) : Grive à dos olive, Paruline jaune
• 2012 (1/1) : Hirondelle à front blanc
• 2013 (1/1) : Coulicou à bec noir
• 2014 (1/1) : Grive à joues grises
• 2015 (1/1) : Viréo à œil rouge
• 2016 (1/1) : Viréo à œil rouge
• 2017 (2/2) : Viréo à œil rouge, Grive à joues grises
• 2019 (8/6) : Viréo à œil rouge (2), Grive à dos olive, Paruline à gorge orangée, Paruline noir et blanc, Paruline couronnée, Cardinal à poitrine rose (2)
• 2020 (2/1) : Viréo à œil rouge (2)
• 2021 (2/2) : Pipit d’Amérique, Bruant à gorge blanche
• 2022 (7-8/3) : Engoulevent d’Amérique, Viréo à œil rouge (5), Oriole de Baltimore (1-2)
• 2023 (10/6) : Coulicou à bec jaune (2), Martinet ramoneur, Viréo à œil rouge (3), Pipit d’Amérique, Paruline jaune (2), Oriole de Baltimore
• 2024 (2/2) : Grive à dos olive, Grive à joues grises
• 2025 (1/1) : Paruline obscure (bilan provisoire…)

Petite analyse statistique des données
Les passereaux néarctiques les plus fréquemment observés en France sont le Viréo à œil rouge (33,3 % des données ; n = 99), suivi des Grives à joues grises et à dos olive (respectivement 8 et 9 %) et du Coulicou à bec jaune (5 %). La dernière décade de septembre et le mois d’octobre constituent la période la plus propice à la découverte de passereaux nord-américains égarés, presque exclusivement sur les îles bretonnes et la façade atlantique.
En France, de 1980 à 2024, des passereaux néarctiques ont été observés un peu plus de deux années sur trois (68,9 % ; n = 45). Mais la fréquence et la régularité des mentions ont nettement augmenté à partir du milieu des années 1990 et plus encore depuis le début du XXIe siècle. Depuis, l’observation automnale de passereaux néarctiques est devenue quasi annuelle et s’est encore accrue au cours de la dernière décennie (fig. 1).

fig. 1. Nombre de données automnales de passereaux (et apparentés) néarctiques en France de 1980 à 2024

La plupart des automnes ne fournissent qu’une seule donnée (24,5 %, soit une année sur quatre) ou deux (22,2 %, soit une année sur cinq). Les années totalisant plus de deux observations sont au nombre de dix : quatre années avec trois mentions, deux avec cinq et quatre années record – 2010, 2019, 2022 et 2023.
Avec 10 données et 6 espèces, 2023 est la meilleure année de la période ; 2019 rivalise en termes d’espèces (6), mais fournit un peu moins de données (8), tandis que 2010 et 2022 ont produit un nombre élevé de mentions (respectivement 11 et 7 ou 8), mais une diversité plus faible (respectivement 5 et 3 espèces). Mais avec un maximum de 6 espèces en 2019 et 2023, on est encore loin des îles Britanniques en termes de diversité spécifique, notamment des 27 espèces (totalisant 99 individus) observées en 2023 (Lees et al. 2024).

Pipit d’Amérique, île de Sein, Finistère, octobre 2023 (© Stanislas Wroza)

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Un grand merci à Philippe J. Dubois pour ses propositions avisées, et mille mercis à Nadine pour sa relecture attentive et minutieuse.

Citation recommandée : Duquet M. (2025). Liste commentée des passereaux néarctiques observés en France. Post-Ornithos (marcduquet.com) 2 : e2025.09.24.

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